Pièges à truffes

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Les pièges à truffes ??!!

Une nouvelle technique venant d’Espagne ; ils font des trous au pied des arbres et 2 ans plus tard, ces trous sont remplis de truffes !!

Ce n’est pas si simple que cela mais le « truc » reste exceptionnel. En effet, Roger Ribes en avait entendu parler et, après avoir insisté longuement et au bout de quelques années de patience, son collègue espagnol a bien voulu lui montrer son « trésor ».

Il s’agit de faire des tous à la tarière (diamètre 25 cm, profondeur env. 30 cm) en mars – avril dans la zone du brûlé sur un arbre qui n’a pas encore produit (ou qui ne produit plus). Au fond de ces trous, il faut incorporer 5 litres de terreau désinfecté « spécial truffe » mélangé avec des spores de truffe (100 – 150 grammes dans un sac de 50 litres). Mélanger ce terreau avec la terre restée au fond du trou et reboucher le trou en laissant une monticule sur le dessus.

En coupant les racines à la tarière, les spores apportés dans le terreau pénetrent dans les racines coupées et colonisent également les nouvelles racines qui vont se faire suite à cette coupe. Le terreau utilisé est légèrement acide, ce qui est favorable pour le développement de mycorhizes.

Le fait est que, 2 ans après cette intervention, notre ami espagnol récolte des quantités importantes de truffes dans ces trous. Il ne reste plus qu’à vérifier l’efficacité de ce système en l’appliquant sur nos plantations.

Roger Ribes s’est bien entendu rapidement procuré une tarière et a débuté l’expérimentation sur sa plantation, en avril 2008. Rendez-vous dans 2 ans pour le résultat ! Rien ne vous empêche de faire vos propres essais en attendant. Nous sommes à votre disposition pour plus d’informations techniques.

(Voir la liste de dépositaires de terreau « Piège à truffes » en bas de la page)

 

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PLUS SIMPLE ET A FAIRE RÉGULIÈREMENT :

Partant du principe qu’il faut toujours remettre des spores dans le sol quand on en sort une truffe, ce mélange servira au moment de cavage des truffes. Chaque fois que vous sortez une truffe de la terre, remettez une bonne poignée de ce mélange dans le trou de cavage et recouvrez. Nous avons de très bons résultats avec des truffes plus belles et plus nombreuses l’année suivante. Sans remettre des spores, vous risquez « d’épuiser » la truffière.

 

LES NOUVELLES DE DECEMBRE 2009

Nous avons commencé le cavage le 5 décembre 2009 et étions impatients de voir si « les truffes ont été piégées ». La saison débute à peine dans notre région ayant souffert de la sécheresse depuis plusieurs années. Et les blaireaux ont fait de gros dégâts cette année, nous avons retrouvé de nombreuses truffes et morceaux de truffes en surface et près de trous qu’ils ont creusés. Un vrai fléau, plus difficile à maîtriser que les sangliers !

Cependant, l’effort a été récompensé, les pièges à truffes ont montré leur efficacité. De nombreuses truffes dans les quelques trous que nous avons ouverts, sur indication du chien, seul à savoir si les truffes sont mûres. Il est trop tôt dans la saison pour faire un bilan global mais notre constatation à ce jour (le 14 décembre) : toutes les truffes mûrissent en même temps dans les trous, elles sont plus rondes et régulières et généralement plus grosses que celles qui « se débrouillent toutes seules » dans notre terre dure et caillouteuse. Elles ont été mieux protégées de la chaleur et la sécheresse et ce sont les trous près d’un goutteurs qui ont produits. Et seulement les trous sur des arbres déjà producteurs ont donné des truffes.

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D’autre part, lors du cavage l’hiver dernier, nous avons chaque fois mis une poignée de terreau avec spores dans le trou de cavage avant de reboucher. Dans ces trous, nous trouvons actuellement des belles truffes.

…PUIS DECEMBRE 2010 …

Encore une année de sécheresse avec un début de saison de cavage un peu mitigé; les truffes tardent à mûrir et sont relativement petites. Dans ces conditions difficiles, il est évident que les pièges et les « mini-trous » nous sauvent. Les truffes trouvées dans le terreau « pièges à truffes » mis dans les trous de cavage de la saison dernière confirment l’utilité de ce procédé. C’est facile à faire et la truffe est au rendez-vous l’année suivante, plus ronde et plus grosse.

Nous avions également fait des trous en soulevant juste la terre avec une fourche et avons mis ce même terreau dedans, avec le même résultat probant. Les trous à la tarière donnent plus de travail et ne sont peut-être pas accessibles à tout le monde, alors n’hésitez pas à adopter ces deux autres solutions. Maintenant, si vous voulez des truffes en profondeur, à l’abri du gel, le trou à la tarière reste le plus efficace.

JANVIER 2013, conclusions

Les années se suivent et se ressemblent, sécheresse sévère pendant plusieurs mois en été. Par contre, en novembre 2012 nous avons eu beaucoup de pluie et les truffes n’ont pas apprécié. Les truffes de décembre avaient pour une grande partie souffert de cet excès d’eau tardive, elles étaient molles et n’avaient pas réussi à mûrir correctement. Cependant, dans les pièges à truffes, trous à la tarière, elles étaient préservées. Ce qui a confirmé notre doute. Le terreau « formule originale » est trop léger et drainant pour nos conditions de sols caillouteux et très filtrants. Cela les a sauvé des pluies tardives.

Mais voilà ce que nous avons constaté depuis nos premiers trous :
Point positif : les truffes reviennent dans les pièges chaque année depuis 2009 car nous remettons toujours une poignée de terreau avec des spores de truffes quand nous en sortons une.
Point négatif : les pièges exposés au soleil et sans protection dessus donnent des plus petites truffes et nous voyons bien que le terreau dans lequel nous trouvons les truffes est trop sec.

Conclusion : dans un sol argileux, le trou fonctionne comme une retenue d’eau et le terreau garde son humidité. Dans un sol filtrant, l’eau s’évacue à travers le terreau et le fond du trou et le terreau sèche trop.

Voilà pourquoi nous avons demandé aux Tourbières de France de préparer un deuxième type de terreau désinfecté avec les mêmes qualités mais avec une meilleure rétention en eau. A vous donc d’utiliser la bonne formule selon votre type de sol.

En ce qui concerne les « mini-trous », les résultats sont moins probants à la longue. Par contre, le fait de mettre une poignée de terreau avec des spores dans le trou de cavage reste très efficace et nous retrouvons souvent des truffes au même endroit l’année suivante car toutes les conditions y étaient déjà favorables et nous avons remis des spores.

FIN DE SAISON 2016 – 17, nouvelles constatations

Nos collègues sur une partie de l’ensemble de nos plantations, Raymond et son épouse Brigitte, sont très méticuleux et répertorient absolument tout ce qu’ils font sur la truffière, ce qui leur permet de mieux comprendre chaque intervention et d’analyser les résultats. En notant scrupuleusement l’emplacement des truffes sorties des pièges à truffes (et hors pièges), ils ont constaté que la majorité des truffes se trouvent  dans les pièges situées au nord de l’arbre, puis à l’est. Peu ou pas de truffes dans les pièges au sud et à l’ouest. Ce qui nous fait dire qu’il est inutile de faire des pièges tout autour de l’arbre, en tout cas dans nos conditions climatiques avec beaucoup de soleil et chaleur.Il serait intéressant de connaître les observation d’autres trufficulteurs à ce sujet.

Raymond au cavage avec Lola, Brigitte note tout
Truffe dans le piège avec le terreau autour. Au nord de l’arbre
Voici nos conseils pour la mise en ouvre des différentes techniques expérimentées :
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Faire un trou à la tarière
Les racines sont coupées
Les racines sont coupées
Terreau pour pièges à truffes
Terreau pour pièges à truffes

Préparation du substrat :

•  Utiliser un sac de 50 L de substrat désinfecté spécial « piège à truffes Ribes» Tourbières de France (pH env. 7,5), sol argileux ou filtrant selon vos besoins.

•  Broyer 100 – 150 g de truffes T. melanosporum dans un mixeur avec ½ L d’eau et 1 verre de sucre ou de miel. Ces truffes sont souvent des truffes « non commercialisables », comme des truffes de marque qui n’ont pas été enterrées et qui commencent à pourrir, des morceaux ou découpes de truffes, des truffes boisées, véreuses etc. Les congeler au fur et à mesure en attendant de les utiliser.

•  Verser ce mélange sur 10 L de vermiculite et bien mélanger (à défaut de vermiculite, utiliser 5 L de terreau bien émietté)

•  Dans une bétonnière, bien mélanger le sac de terreau avec le mélange vermiculite – truffes broyées et remettre ce mélange dans le sac et marquer le sac « terreau avec spores ».

Utilisation du substrat :

•  Chaque fois que vous sortez une truffe de la terre, remettez une bonne poignée de ce mélange dans le trou de cavage que vous auriez un peu agrandi et recouvrez. Dans ce cas, nous retrouvons des truffes au même endroit en plus grande quantité l’hiver suivant.

•  Les « pièges à truffes » : en mars – avril, faire un trou à la tarière (diamètre 20 cm, profondeur 25 cm) sur le brûlé d’un arbre producteur (à essayer également sur un arbre non-producteur). Laisser un peu de terre au fond du trou, y ajouter 3 à 5 L (selon la taille du trou) du substrat spécial « pièges à truffe » sans pores de truffes. Rajoutez un 1/2 litre du mélange avec les spores de truffe et bien mélanger le tout, arrosez bien (3 L) afin de bien mouiller la tourbe avant de recouvrir le trou avec la terre sortie de façon à faire un monticule dessus.

Les « mini-trous » : avec un outil à main, faire un trou de 20 cm de profondeur sur le brûlé, y mettre une bonne poignée du terreau avec spores, mélanger un peu et recouvrir.

Si le terrain est sec, à partir du mois de mars, arrosez 1 fois par mois autour du monticule afin de compenser la pluviométrie manquante ou placez le goutteur à coté (au dessus en cas de pente). Selon les expériences déjà vues, les truffes se feront 2 ans après dans ces trous, voire un ans après dans les mini-trous. Nous avons également fait 2 mini-trous sur tous les arbres 4 ans sur quelques parcelles pour voir si cela peut faciliter le déclenchement de la production. A suivre pour l’hiver 2011 – 2012.   Janvier 2013 : dans nos condition de sécheresse, les mini-trous n’ont pas fait des merveilles sur des arbres non-producteurs. Cependant, dans plusieurs trous à la tarière sur ces mêmes arbres, nous avons déjà ramassé les premières truffes. Nous pensons qu’il est plus intéressant de sectionner les racines, ce qui se fait plus facilement à la tarière.

Fourniture du substrat désinfecté :

Afin de faire vous-même des essais, vous pouvez vous procurer ce terreau, élaboré par les Tourbières de France selon une recette spéciale selon nos indications (terreau piège à truffes Ribes), auprès des dépositaires suivants : Passez vos commandes de terreau avant le 15 janvier. Liste sous réserve selon les disponibilités des dépositaires.

Dordogne et sud Charente, voire partout en France, M. Perez se déplace, contactez le :
M. PEREZ Narcisse, Verdinas, 24340 STE CROIX DE MAREUIL – 06 15 21 02 11

Tarn :
M. FABRE Jean Marc, 81130 MILHAVET – 06 10 63 45 56

Aude :
M. FRAISSE Robert, Domaine des 1000 Chênes, 11120 ARGELIERS – 04 68 93 50 16

Gard :
BASTIDON, 7 lieu dit Les Gousats, CD124, 30190 SAINT-GENIES DE MALGOIRES 04.66.81.10.26
bastidon.gerard@wanadoo.fr

Bouches du Rhône :
M. GARNERO Jean Claude, 277 ch. des Collines, 13610 LE PUY STE REPARADE – 06 14 63 41 51 Voir son site :  www.truffedouble.fr

Alpes de Haute Provence :
Ets GARCIN Frères, Route de Manosque, 04210 VALENSOLE – 04.92.74.83.67 a.garcin@garcinfreres.com

Meurthe-et-Moselle :
M. BAILLY Jean-Louis, 183, Avenue des Etats Unis 54700 PONT A MOUSSON – 03.83.83.28.78 06.81.57.99.66 – jlbaillypam@aol.com

Vaucluse :
COMPTOIR VERT, Monsieur OLIVE , Avenue des Marchés, 84200 CARPENTRAS – 06 29 62 98 61    contact@comptoirvert.net
http://comptoirvert.net/    Comptoir Vert fournit également terreau, pots, vermiculite, perlite, étiquettes, tuteurs, filets de protection, paillages etc.

Hérault :
2ème dépôt COMPTOIR VERT, chemin de l’Hort d’Aval, 34400 SATURAGUES  Comptoir Vert fournit également terreau, pots, vermiculite, perlite, étiquettes, tuteurs, filets de protection, paillages etc.

Drôme :
M. REYNAUD Guy, 796 route de Bouchet, 26790 LA BAUME DE TRANSIT – 06 03 32 10 81

Si vous souhaitez faire un dépôt / point de distribution, contacter Les Tourbières de France,
06.40.91.47.32 ou mail info@secret-vert.com

Si vous souhaitez vous faire connaître en tant que point de distribution, envoyez-moi un message, je vous mettrai dans la liste.

13 Responses

  1. MIANNAY

    Bonjour,

    J’ai essayé de contacter monsieur Laborde mais sans succès. Son adresse ne semble plus attribuée.
    Avez-vous une autre adresse de courriel?
    Bien à vous,
    Eric MIANNAY

  2. Casado eric

    Bonjour, est-ce qu on peut faire les trous à la tarière à la mi-février ? Combien de temps se conserve le mélange terreau/vermiculite/ truffes ? Merci pour vos réponses

    • nina_wollner

      Bonjour,
      si votre truffière n’est pas en production, vous pouvez faire les pièges à truffe à partir de mi-février. Le mélange se conserve très longtemps (plusieurs années) dans un sac fermé et stocké dans un endroit frais et sec.

  3. Sibra

    J’aimerais bien essayer votre technique dans un pré près de mon jardin. Mais il n’y a pas de brûlé. Seulement des noisetiers ou arbres fruitiers (pommiers, merisiers). Merci de me répondre. Altitude 1000m

    • nina_wollner

      Bonjour,
      Il faut qu’il y ait des arbres ayant été mycorhizés et des brûlés pour que la technique des pièges à truffes fonctionne.

  4. guinard

    Bonjour

    J’ai une plantation de chênes truffiers (7 ans), sur un terrain plein de pierres. Y a-t-il un inconvénient à les faire broyées

    • nina_wollner

      Bonjour,
      Vous pouvez faire broyer les pierres si cela vous facilite le travail sur terrrain

  5. sebastien Tadeoni

    Bonjour,
    Mes parents ont 2 chênes mycorhizés (1 commun et 1 vert) âgés de 10 ans mais ils ne les ont pas entretenus et n’ont jamais récolté de truffes.
    Les brûlés sont peu visibles par contre j’ai l’impression qu’il y a toujours du mycélium sur des radicelles (observation que j’ai faite à l’oeil nu, peut être je me trompe).
    Est-ce que cette technique pourrait relancé la truffière. Faudrait-il aussi tailler les arbres avant ou faire d’autres amendements à la terre?
    Merci de votre réponse.

    • nina_wollner

      Bonjour, oui je pense en effet qu’il pourrait être intéressant d’essayer les pièges à truffes sur ces arbres. Ils doivent être grand aujourd’hui et je pense qu’une taille est nécessaire. Par contre, il faudrait intervenir en été, vielle lune de juin, donc l’été prochain. Mais vous pouvez faire les pièges avant, en mars prochain. Restant à votre disposition pour plus d’informations.

  6. François du Perche

    J’habite dans l’Orne et suis en lisière de forêt avec des terres de PH 6 (filtrantes ou humides selon les zones). En lisant votre article, je découvre avec étonnement que ce n’est pas du tout incompatible avec la production de truffes pourvu qu’on procède à des amendements. Avez-vous des expériences dans cette région. J’avais lu il y a quelques années dans le journal « Le Perche » les récits d’un vieux ramasseur de champignons qui racontait qu’il trouvait pas mal de truffes dans l’Orne, mais sur des terrains calcaires.
    Autre problème potentiel : nous sommes infestés de blaireaux, peut-on s’en protéger avec des treillis soudés assez costauds ou des répulsifs ?
    BRF : j’ai lu que cette technique donnait de bons résultats pour la production truffière. Avez-vous des retours d’expérience ?
    Chênes pédonculés : ils poussent très bien ici, est-ce envisageable d’avoir des plants mycorhisés ou préconisez vous plutôt une autre variété.
    Chênes d’Amérique : j’ai une petite plantation d’environ 100 arbres d’environ 5 ans qui sont très vigoureux. Est-il envisageable d’amender le sol en surface et de creuser et remplir des trous avec votre mélange spécial ?

    • nina_wollner

      Bonjour,
      Nous n’avons pas d’expériences dans votre région mais si les anciens ont ramassé des truffes, il y a forcément un potentiel. Vous pouvez modifier votre terrain s’il n’est pas calcaire.
      Pour les blaireaux, nous avons les mêmes soucis et il n’y a que des bonnes clôtures ou des pièges pour s’en protéger, selon nos expériences.
      BRF : pas de retours.
      Chênes pédonculés : mauvais retours (producteurs très tardifs). Les meilleurs résultats en feuillage caduc se font sur les chênes chevelus (quercus cerris).
      Chênes d’Amérique : sont ils déjà mycorhizés ? Sinon, aucune possibilité de les mycorhizer sur place.
      Espérant avoir répondu à vos questions et restant à votre disposition,
      Cordialement,
      Nina Wollner

  7. Yassine

    J ai une parcelle plantée en jeunes pieds de caroubiers au Maroc (900-1000m d altitude et 250-300mm/an), ma question est il faisable de les faire ensemencer en spore de truffe noir? Même question pour les arbres de thya de bergerie sachant que ces deux espèces d arbre peuvent vivre en symbiose avec le chêne vert.
    Merci d avance.

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